Posts Taggués ‘UGC’
 

« Retour à l'accueil du blog

Comment présenter ses services ? – Deux écoles en illustration avec les sites de rencontre

Posté dans E-Marketing & trafic qualifié, Persuasion par Raphaël Fétique

Dans le travail d’un architecte de persuasion, la tâche principale est de comprendre comment convaincre le plus grand nombre de prospects de devenir client. Cette question fondamentale atteint un haut niveau de criticité sur les pages d’accueil des sites Internet. En effet, si vous perdez le visiteur dès son arrivée, pas la peine d’aller voir plus loin ;-) Dès lors, on peut distinguer deux approches fondamentalement opposées que j’illustrerai avec des exemples piochés sur des sites de rencontre (j’entends vos murmures et j’y suis indifférent ;-) )

L’école du « je dis tout ce que je fais» 

Beaucoup de sites font l’étalage, dès la page d’accueil de l’ensemble de leurs fonctionnalités/services et au final noient le visiteur dans un tsunami d’information. Cette approche est naturelle car après des heures de brainstorming et de développement pour créer de la différenciation avec ses concurrents, on veut mettre en valeur son travail. Malheureusement, si votre démarche repose sur cette seule motivation alors vous faites fausse route. Combien de fois ais-je vu des sites où on sentait que la communication sur les services/fonctionnalités avait été dictée par le développeur/ingénieur qui voulait dire à la planète entière que sa technologie supportait les derniers types de format, et combien de fois me suis-je dit que le malheureux aurait vraiment besoin de conseil pour apprendre à communiquer avec le plus grand nombre…

Réflechissez toujours à qui est votre cible et que veut-elle entendre. Si votre analyse vous amène à penser que vos prospects sont de type St Thomas avec une approche très rationnelle, où il faut plus convaincre que persuader, alors oui, n’hésitez pas à lister vos services. Mais il existe aussi d’autres cas où il faut faire un minimum d’effort pour lister les services offerts. Par exemple, si vous êtes un outsider sur un marché où il y a déjà de très gros acteurs et donc vous souffrez d’une carrence en visibilité. Dans le cas des sites de rencontre, je prendrai l’exemple de serencontrer.com, qui n’est pas un tout petit mais qui n’est pas Match ou Meetic.

Liste des fonctions principales de serencontrer.com Vous noterez sur cette capture d’un bloc de la page d’accueil du site, qu’il y a bel et bien une liste des services principaux, avec un accent qui est mis sur le caractère gratuit de la plupart des services. Ainsi ce site qui est moins connu que les deux géants du marché, veut se faire une place en offrant un niveau de services comparable, mais en se différenciant avec le caractère gratuit. Le visiteur comprend dès lors qu’il bénéficie d’une alternative intéressante car son expérience ne devrait pas être dégradée. Je noterai d’autre partla présence de la phrase en savoir plus, qui laisse une certaine ambiguité sur de possibles services supplémentaires, ce qui est un signal positif.

L’école du « essaie moi et découvre tout ce que je sais faire» 

Les sites qui utilisent cette approche n’ont pas toute la même stratégie mais leur point commun est de limiter leur communication sur les services/fonctionnalités offertes et de laisser l’utilisateur les découvrir lors de l’utilisation du site.
Les différentes stratégies ont pour traduction un niveau d’information graduel. En allant visiter les sites de Match ou Meetic, vous découvrez la stratégie d’acteurs qui ont une marque avec un tel niveau de notoriété, qu’ils se permettent juste d’évoquer leur métier sans le dire clairement.

Page d'accueil de Meetic

Page d'accueil de Match

J’aime beaucoup la page d’accueil de Meetic, qui va jusqu’à oublier de dire qu’on est sur un site de rencontre. Match pour sa part communique sur sa place de leader mondial de la rencontre et ne laisse donc pas de doute sur ses activités. On observe des structures de page quasi identiques, preuve que les stratégies business sont très proches. Mais Meetic est un cran au dessus quand même dans l’art de ne pas parler d’offre, tant sur le point de vue des services offerts que sur la politique tarifaire… On ne laisse pas le choix au visiteur : il doit s’inscrire s’il veut en savoir plus.

Dans cette école du « j’en dis un minimum» , à l’autre extrême, on retrouve Badoo. Sur une de mes récentes missions, mon client m’a parlé de ce site dont j’avais entendu parler pour les problématiques de spam social.

Page d'accueil de Badoo align=

Chez Badoo, rien n’est dit, mais le site ne laisse pas trop de doute sur l’orientation des activités (petite dédicace à la pub pour serecontrer.com, j’aime faire de la publicité pour des sites concurrents ;-) ).

Les membres du site sont le principal argument de vente et ne cherchez pas de mode d’emploi, il n’y en a pas. L’intérêt de Badoo, pour l’architecte de persuasion que je suis, est sa scénarisation de la découverte des services. Badoo met en oeuvre l’adage du « c’est en forgeant qu’on devient forgeron» . Vous arrivez sur la page d’accueil, vous découvrez des visages sympathiques. En 3 secondes vous avez compris la finalité du site… Oh tiens, il y a un moteur de recherche. 4 clics plus tard, je découvre la fille de mes rêves. Je clique sur son portrait voyant qu’elle est en ligne. Je découvre sa page d’accueil, un petit descriptif et un des aperçus de ses galeries photos. Trop facile, je clique. Petit popup en transparence, je dois m’inscrire. Je m’exécute, maintenant que je suis si près du but. Super j’ai accès à ses photos… Je vois qu’elle est disponible pour discuter, je clique et là on me dit que la belle n’accepte que de discuter avec des gens qui ont des photos. Alors je mets une photo…

Vous l’aurez compris, le scénario est super bien ficelé, je découvre les services et en même temps je donne des infos sur moi, avec pour toile de fond une persuasion basée sur la méthode de la carotte.

Au final, s’il y a deux grandes écoles sur la manière de présenter ses services, il n’empêche que vous devez dans tous les cas vous posez la question de qui est ma cible ? Est rationnelle ? Passionnelle ? Que veut-elle entendre ?… Autre conseil, même s’il est séduisant de présenter tous vos services, sachez garder des cartes dans votre manche et contentez vous de mettre en avant 2-3 services/fonctionnalités si jamais vous sentez que c’est pertinent. Une liste exhaustive est longue à lire et rebutante. Préférrez faire léger et simple tout en laissant une porte ouverte pour plus de détails.



La FNAC se lance dans le communautaire

Un très intéressant virage sur Internet de la FNAC (précédemment Fédération Nationale d’Achat des Cadres ;-) ), qui va lancer en bêta à partir du 2 juillet un site communautaire, Fnac Live (www.fnaclive.com).

Le principe: donner aux membres Fnac (et aux autres?) un espace de partage et de convivialité sur Internet. Ils pourront d’après l’article de Mashable « découvrir du contenu exclusif produit par Fnac (conférences, showcases, débats, tests de produits, conseils…) et intéragir avec les équipes de la Fnac sur les Fnacblogs (commentaires, questions, dialogue avec les techniciens, artistes…)« .

Fnac Live / Fnaclive.comLa légitimité de l’enseigne pour fédérer ses membres autour d’événements et de contenu est énorme et sûrement une des plus fortes parmi les grandes enseignes françaises spécialisées. On connaissait déjà les rencontres avec les artistes, les conférences, les labos de test… Les membres vont pouvoir désormais trouver un espace pour en discuter en ligne.

Fnac Live / Fnaclive.comLa démarche est importante parce la Fnac dispose d’un capital de confiance et de sympathie parmi ses clients (qui sont pour une part non négligeable des acheteurs en magasins). Je connais bon nombre de personnes peu à l’aise avec Internet mais qui n’ont plus peur d’aller sur Fnac.com pour commander des produits. De fait, le site aura un impact important.

La question qui subsiste, c’est pourquoi ?

  • Générer du trafic et donc des ventes sur Fnac.com ?
  • Faire venir des visiteurs en magasin (via des synergies offline/online – concerts, conférences, opérations spéciales, « Flashmobs»  ;-) ?
  • Valoriser l’aspect communautaire de la marque sur Internet ?
  • Un peu de tout ça à la fois … ?


UGC (User Generated Content) et sites de contenu

Posté dans Media & e-Pub par Raphaël Fétique

Dans la collection « les UGC à la rescousse du taux de conversion des sites Internet» , je me permets d’ouvrir aujourd’hui le tome relatif aux sites de contenu.Le business modelLes sites de contenu naviguent entre des modèles payants, où l’accès à certains contenus est conditionné à un abonnement/paiement, et un modèle gratuit, où les revenus sont générés grâce à la publicité mise en avant sur le site et éventuellement grâce à la monétisation d’un trafic plus ou moins qualifié.Le modèle payantDans le cadre d’un modèle payant, les prinicipaux objectifs du site sont de maximiser le nombre de personnes payant un abonnement/droit d’accès, maximiser le nombre de personnes s’inscrivant à la newsletter (et donc qui laisse leur adresse mail, qu’on pourra ré utiliser pour les relancer à l’avenir…), maximiser le nombre de personnes qui consultent la page d’offre… On se rapproche en fait d’une problématique d’e-commerce et dès lors, l’utilisation d’UGC s’y apparente aussi.Dans les faits, l’utilisateur pourra par exemple être exposé à des avis de personnes qui ont acheté un contenu. Je vous renvoie à mon précédent article sur les UGC pour envisager les autres usages dans ce cadre.Le modèle publicitaireLorsqu’il s’agit de monétiser une audience, les objectifs sont d’une toute autre nature. Il faut maximiser le nombre de pages vues, pour y positionner un maximum de bannières ou liens sponsorisés, et dans la mesure du possible, récupérer un maximum d’informations sur l’audience de son site, histoire de la qualifier.Les UGC, notamment les commentaires et ratings, deviennent dès lors une arme redoutable. Parmi les clients que je conseille, je connais des sites de contenus qui font plus de 30% de leurs pages vues via leur forum. Laissez les gens s’exprimer sur votre contenu, et vous verrez que si la masse critique de visiteurs est atteinte et que les sujets sont de qualité, les effets seront appréciables. De même, les UGC sont un bon prétexte pour amener les gens à s’inscrire, remplir des informations personnelles, et par la suite se logger. En effet, la loi demande que le producteur d’un commentaire soit identifiable, ce qui peut se traduire par un mécanisme d’identification persistant via l’utilisation de cookies, qui ne nuira pas à l’expérience utilisateur, et qui permettra de qualifier l’utilisateur. De plus, on pourra utiliser le contenu produit comme source de retour d’information sur l’audience. Et oui, gagnant au grattage et au tirage ;-) N’oublions pas que qualifier son audience ou sa base mails est la garantie de meilleurs revenus publicitaires.Naturellement, les UGC présentent un enjeu clef : la modération. On se rend compte à l’étude de l’affaire « Lafesse contre les plateformes vidéo»  que la LCEN (loi sur la confiance dans l’économie numérique) laisse subsiter un flou sur la notion d’éditeur et d’hébergeur. Lorsque vous êtes hébergeurs, vous n’avez pas besoin de filtrer/modérer à priori, il vous suffit de retirer le contenu sur notification d’un tiers (le fameux call to action « signalez un abus» ). Mais dès le moment où vous êtes éditeurs, vous êtes soumis à la réglementation sur la publication et la LCEN vous contraint à modérer les UGC à priori. Légalement, la question est de comprendre si un site qui héberge des commentaires, des vidéos ou d’autres UGC produits par les visiteurs est un hébergeur ou un éditeur. Une des tendances de fond du Web2.0 est d’amener les sites à avoir une stratégie de plateforme, ce qui les rapproche de problématiques d’hébergeurs, mais où est la frontière ? On aura à la fin du procès « Lafesse»  une jurisprudence et dès lors les choses devraient être plus claires.Mais au-delà de l’aspect légal, je vous conseille de modérer votre contenu à priori, histoire d’avoir des UGC de qualité, qui respectent une ligne éditoriale, et qui surtout ne fassent pas fuir les visiteurs. Personnellement, je trouve que Dailymotion a trop laissé déraper la teneur des commentaires présentés sous les vidéos. Le pourcentage de spams ou de messages hors sujet est tel, que je ne me sens pas personnellement l’envie de m’exprimer dans ce dépotoir !



UGC et WOM dans l’e-commerce : les avis des consommateurs pour augmenter vos taux de conversion

Posté dans Persuasion, e-Commerce par Raphaël Fétique

J’ai visité dernièrement le blog de Twenga. Pour mémoire, Twenga est un agrégateur des marchands du Web et de tous les avis de consommateurs (enfin c’est la promesse affichée, je n’ai pas de garantie sur l’exhaustivité). J’ai trouvé sur le blog un billet sur l’impact des avis consommateurs (UGC = User Generated Content) sur les ventes. Je me suis empressé de le lire, me disant que Twenga allait nous parler de l’impact de son outil sur les taux de conversion. Malheureusement, il était question d’un article paru sur le site SearchCRM.com qui parlait effectivement de l’impact des avis de consommateurs sur le taux de conversion des visiteurs, mais de CompUSA.com. J’ai noté que ce site avait constaté des taux de conversion supérieurs de 50% pour les visiteurs en provenance des sections « avis de consommateurs»  d’AOL, MSN et Yahoo!, ainsi qu’un panier moyen supérieur de 20% !

Vous avouerez dès lors, que la piste des avis de consommateurs doit être examinée plus attentivement. Je vous propose donc d’analyser 3 graphiques issus d’une étude Ipsos-Mori de 2006 titrée « Quel est le pouvoir économique des Blogs en Europe ?»  et hébergée chez Loà¯c Lemeur.

1er histogramme : la confiance accordée par les Internautes adultes à différentes sources d’information

Histogramme représentant la confiance accordée par les Internautes adultes à  différentes sources d'information

Pour ceux qui en doutaient, les avis consommateurs sont plus efficaces que les messages publicitaires… Jusque là rien de surprenant.

2ème histogramme : l’impact négatif des avis consommateurs – l’annulation d’un achat

Histogramme représentant l'impact négatif des avis consommateurs - l'annulation d'un achat

Vous l’aurez compris, les Français sont des consommateurs attentifs voire frileux. Dès lors, les avis consommateurs ont un fort effet négatif, mais on va le voir, ils ont aussi un fort effet positif.

3ème histogramme : l’impact positif des avis consommateurs – la ré assurance dans la décision d’achat

Histogramme représentant l'impact positif des avis consommateurs - la ré assurance dans la décision d'achat

Pour faire simple, les acheteurs ont besoin de se rassurer, et ceci d’autant plus que les biens ou services sont des biens ou services d’expérience et à forte implication. Si on peut se passer d’avis consommateurs sur du dentifrice, la démarche de persuasion à mettre en oeuvre pour amener la décision d’achat d’un ordinateur par exemple peut diffcilement faire l’impasse sur les avis consommateurs. Amazon l’avait compris et mis en oeuvre avant tout le monde, et aujourd’hui encore c’est un marchant qui affiche un taux de conversion supérieur à 10%.

La démarche de persuasion ne peut plus ignorer la question des UGC: avec des acteurs comme Bazaarvoice qui offre des solutions en pack pour intégrer les avis consommateurs et la modération (un des principaux enjeux des UGC) pour des prix réduits, il devient important de se poser la question de l’intégration des avis consommateurs.

Nous parlerons prochainement des UGC et de leur impact sur les taux de conversion des autres acteurs de l’Internet, notamment chez les sites éditeurs de contenu.



Comment mesurer la performance avec Ajax ?

Posté dans Web analytics par Thomas Faivre-Duboz


Avec l’émergence et l’utilisation de plus en plus fréquente de l’Ajax, d’interfaces riches avec des interactions client-serveur de plus en plus désynchronisées se pose clairement la question de la comptabilisation des « pages vues» , et plus largement des critères de performance de ces sites.

Les articles ne se comptent plus sur le thème !

Ce qui se dessine à l’heure actuelle, c’est que la perception du « nombre de pages vues»  comme un des premiers critères de l’évaluation de la qualité d’une audience va devenir de moins en moins vraie à l’avenir. Avec des sites qui vont vers plus de fluidité et de simplicité (citons Yahoo, par exemple), on s’oriente vers un nombre de pages vues beaucoup plus faible, mais où les interactions site/utilisateurs sont beaucoup plus riches. Cela n’est pas encore le cas pour les sites de presse en ligne de contenu qui ont besoin de monétiser leur audience et d’afficher régulièrement des campagnes différentes – mais le sens de l’histoire va tout de même vers des processus plus fluides et plus simples, même si on ne fait pas forcément de l’Ajax (pourtant, c’est la mode! ;-) ) .

A ce rythme, le nombre de pages vues ne risque pas de demeurer le critère le plus pertinent. Le nombre de visiteurs uniques, peut, lui, nous permettre de comparer « a minima»  l’audience des sites.

Mais, pour le sujet qui nous intéresse, à savoir la conversion sur le sites en Ajax: quels sont les critères pertinents ? Comment mesurer la performance d’un site en Ajax ? Certains parlent de la montée en puissance de la mesure de durée de visite. On pourrait comparer Yahoo et MSN sur ce critère. Mais cela ne vaut que pour comparer des sites proposant strictement les mêmes services: quels sont les critères qui permettent de définir des sites comme « semblables» ? On ne peut clairement pas comparer MySpace et Yahoo sur la durée de visite. Par contre, on peut facilement le faire avec Netvibes, Webwag (…) sur ce critère particulier.

Et vous ? Voyez-vous d’autres critères que la durée de visite qui permettraient de comparer les sites en Ajax ?

PS: On pourrait donc imaginer que les régies publicitaires ne rémunèrent plus seulement au clic ou au nombre d’affichages, mais au clic ou à la durée d’affichage, avec des publicités tournantes toutes les 30 secondes… Ca ne vous rappelle pas les anciens médias ? C’est peut-être ça, la maturité de l’internet ! ;-)



Page 2 sur 2«12