Le Blog des consultants Converteo
Ce blog est alimenté par les consultants de Converteo. Découvrez aussi notre site pour plus d’informations sur le cabinet et ses prestations.

Retour aux articles du blog

Temps moyen de visite : l'inégalité de la performance des internautes souris à la main

Posté dans Ergonomie web
Par Raphaël Fétique
12 juin 2008
6 commentaires

On m’a demandé dernièrement comment analyser le temps passé par les internautes sur un site. Question délicate, surtout si on essaie d’aller au-delà du suivi de la performance globale qui se caractérise couramment par :

  • Evolution du temps moyen des visites
  • Evolution du pourcentage de visites de moins de X secondes
  • Evolution du pourcentage de visites de plus de Y secondes…

Naturellement, si votre outil le permet, ces indicateurs sont à ventiler par source de trafic.Le temps moyen des visites est un indicateur à  manipuler avec précaution Vous aurez par ailleurs noté que j’ai laissé un X et un Y. Concernant le X, il s’agit d’un « niveau bas » qui caractérise le trafic de faible qualité. Il s’agit en fait de manière dissimulée de parler du taux de rebond (quel est le pourcentage des visites qui ne durent qu’une page et/ou qui ne durent que moins de X secondes). Il est souvent admis qu’à moins de 8-10 secondes, le visiteur n’a aucun intérêt pour le contenu qui lui est présenté (mauvais ciblage, créa en amont trompeuse, mystérieuse ou ambigà¼e), ou du moins que le contenu de la landing page est suffisamment mal présenté/inadéquat pour avoir fait disparaître sa possible motivation. En prenant un peu plus de recul, je crois qu’on peut aussi décréter, qu’en dessous de 8-10 secondes, il y ait peu de chance que le visiteur ait pu vraiment s’impliquer dans sa visite, et donc que cette visite représente un intérêt.Ceci étant dit, il reste Y, et certainement toute une famille de Y. Un site est en effet conçu pour l’accomplissement d’un certain nombre d’objectifs. La question qu’on m’avait exposée était en apparence simple mais d’une complexité réelle. A partir de combien de temps, sur un site de promotion immobilière peut-on considérer que le visiteur éprouve un intérêt concret pour les produits exposés…Je n’ai donné aucune réponse, puisque je ne vous apprendrai rien en vous disant qu’il faudrait en toute intelligence segmenter les visites sur base des scénarios d’usage, des attitudes liées et donc des actions réalisées. Monsieur Dupond qui vient pour la première fois sur le site, mais qui a déjà presque signé pour un autre programme immobilier va certainement faire une recherche très ciblée pour s’assurer qu’il achète au meilleur prix, alors que monsieur François, un habitué, qui rêve d’acheter, avec un projet à 1 ans, sans encore de budget fixe, est lui dans une visite porter par le rêve et la projection (ah si j’étais riche !). Il va donc farfouiller et dénicher des biens qui le font rêver et d’autres qu’il peut se payer ;-) Les deux prospects ont de la valeur et sont impliqués dans leur visite, mais la suite d’actions qu’ils vont accomplir sera différente et le temps passé en ligne potentiellement très différent,… ou non.Donner un seuil unique ou un temps de référence est donc un exercice peu évident, surtout lorsqu’on considère l’étude menée par Jakob Nielsen sur la variabilité dans la performance des utilisateurs. Je ne suis pas ergonome, et je vous invite à regarder de près la méthodologie (je n’ai pas trouvé le nombre de personnes qui ont participé à l’étude).A mon niveau de webanalyste, je retiens qu’entre les 25% d’utilisateurs les plus lents sur l’accomplissement d’une tâche donnée sur Internet et les 25% les plus rapides, le temps pour accomplir la tâche est 2,4 fois plus faible… Il y a des gens rapides, d’autres lents, c’est un fait, et il semblerait qu’Internet exacerbe encore ce caractère.

When doing website tasks, the slowest 25% of users take 2.4 times as long as the fastest 25% of users. This difference is much higher than for other types of computer use; only programming shows a greater disparity.Jakob Nielsen – May 15, 2006 – Variability in User Performance

Vous voyez comme moi qu’au-delà de visites de typologie différentes, on a de plus des internautes plus ou moins rapides. Les conséquences par rapport à la volonté de mettre des seuils sur le temps passé en ligne sont clairs : l’exercice est délicat voire dangereux, car les conclusions peuvent s’avérer totalement fausses. En 2 minutes de temps, les internautes ont réalisé peut être le même nombre de tâches, d’autres en ont peut être fait deux fois plus.Il convient donc de prendre du recul sur la mesure du temps passé en ligne, de la regarder avec humilité pour la considérer dans ses grandes variations (tendance à la hausse ou à la baisse), en étant attentif aux évolutions du site (si je mets en place un jeu concours sur mon site, je risque mécaniquement d’augmenter le nombre de pages vues, mais aussi le temps passé en ligne). L’idéal serait de pouvoir définir des patterns de comportement pour isoler les tendances par pattern, mais je ne crois pas avoir vu pour l’instant d’outils offrant ce type d’approche. Et vous, comment analysez-vous le temps passé en ligne ? De notre côté, chez Converteo, nous travaillons plutôt sur des indicateurs hybrides d’implication, tenant compte de l’évolution du temps passé.

6 commentaires sur cet article

  • Laurent
    12 juin 2008

    Le temps de visite d’un visiteur est un l’indicateur web dont je ne suis jamais parvenu à faire la moindre chose. L’efficacité demande de réduire le temps, l’intérêt l’augmenter… En gros, l’innéficacité d’un site peut augmenter le temps passer dessus et faire croire à un intérêt.

    Pour en faire quelque chose d’utile, il faut croiser l’information avec des sources quali et utiliser des segmentations comportementales

    bref, vaste débat ;-)

  • Mehdi laanaà¯t
    12 juin 2008

    Bonjour Raphaël

    Avant de commencer, je te rappelle juste que je suis le collègue, voire le Padawan, de Julien Coquet, bien connu du monde francophone des web analytics .

    Dernièrement j’ai lu un article très intéressant sur la manière de pondérer le temps passé par les visiteurs sur une page. Il propose de pondérer ce temps par le taux de sortie de la page. En effet, puisque le temps passé sur une page n’est calculé que si on passe sur une autre page du même site, le taux de sortie de cette page servira à réellement estimer si le temps affiché est fiable ou non. Si la page X affiche 85% de taux de sortie et un temps moyen de 2 minute, il n’y a en fait que 15% des visites pour lesquelles le temps a pu être calculé, la fiabilité est donc faible. Cette analyse a bien sûr besoin d’être mise en perspective avec le type de page analysée. Imaginons qu’un site de contenu veuille évaluer l’intérêt d’un article, si ce dernier a un taux de sortie de 10% et un temps moyen de lecture de 4 minutes, on peut dire avec plus de force que le visiteur y a trouvé un intérêt.

    Voici le lien de l’article:

    http://www.roirevolution.com/blog/2008/05/time_on_page_and_time_on_site_how_confident_are_yo.html

  • Raphaël Fétique
    12 juin 2008

    @ Laurent
    Le débat est vaste, et les outils ne sont pas pensés pour. Or, si on veut donner à la webanalyse plus d’impact dans les prises de décision, et surtout en ce qui concerne la conception et l’optimisation des sites, il faut que les outils apportent de la donnée plus actionnable, plus proche de l’observation du comportement. Compter le temps passé dans un supermarché est intéressant, compter le nombre de pas est intéressant, mais est ce vraiment de la donnée actionnable ?

    @ Mehdi
    Tu as déjà commenté, donc j’ai repéré qui tu étais et je te remercie de venir partager ton expérience et tes lectures. Deux réponses à ton commentaire très intéressant :
    1) L’objet était d’étudier le temps moyen de visite et pas spécifiquement le temps passé sur une page. Ta remarque est intéressante car elle signifie que systématiquement on perd le temps passé sur la dernière page avant le départ du site, d’où un biais fort sur le temps moyen de visite, surtout si on est un blog et qu’il y a peu de visites qui durent plus d’une page.

    2) Il faut que j’étudie plus finement cette limite sur le temps passé sur la dernière page, surtout voir comment y répondent les différents acteurs du marché.

    Merci

  • temps
    12 juin 2008

    Je suis d’accord dur l’idée qu’une moyenne d’individus ne font pas un individu, c’est comme une température moyenne pour un corps à 23°C, séparée en 53°C aux pieds et -10°C à la tête. Sans avoir plus d’infos, par le biais d’une sélection par menu déroulant, il est impossible de connaitre les intentions du visiteur, mais obtenir plus d’infos implique aussi que le visiteur se sauve car il considère cette démarche comme une atteinte à son intimité, et au mieux s’il reste, il donnera des réponses erronées.

  • cobolian
    13 juin 2008

    Salut a tous.

    J’ajoute que le temps passé sur une page, c’est comme calculer le temps passé devant la télé : on ne sait pas si l’internaute est actif. Et oui, depuis l’avenement du surf par onglet rien n’est plus pareil. Peut etre etes vous comme pas mal de gens maintenant et avez vous toujours un paquet d’onglets ouverts.

    Vous voyez un lien qui pourrait etre interessant, vous l’ouvrez dans un onglet, et vous le lisez plus tard.

    Techniquement, il est impossible de savoir si vous êtes lecteur ou pas, juste que vous avez ouvert la page. La données est donc totalement faussée.

  • Raphaël Fétique
    13 juin 2008

    @ Cobolian

    Tout à fait d’accord avec ce biais supplémentaire. Il est intéressant par ailleurs de se rappeler que les gens de la pub sur internet ont décidé de choisir le temps passé comme indicateur de référence en remplace du nombre de pages vues, qui a été mis à l’écart pour problématique de disparition de la notion de page en parallèle aux problématiques de pop-up.

    Au final, seule l’étude des tendances peut renseigner un minimum sur les tendances du niveau d’implication.

Laisser un commentaire

Articles qui pourront vous intéresser
Contactez-nous
Pour obtenir plus d'informations sur nos activités et discuter de vos projets directement avec nos consultants, nous vous invitons à nous contacter.
Nous contacter
En parcourant converteo.com, vous acceptez notre utilisation des cookies.