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2008/2009, l’heure des bilans : dédicace à Mademoiselle-Bio.com !

Posté dans e-Commerce par Thomas Faivre-Duboz

2008 se termine, l’heure des bilans arrive !

De bilan, il en est par exemple question avec nos clients. Ces périodes sont l’occasion de faire le point sur l’évolution de leur performance sur Internet, le niveau d’atteinte de leurs objectifs et les axes de développement pour 2009.

A ce propos, je souhaitais partager avec vous la sortie récente du site de Mademoiselle Bio, spécialisé dans la vente de cosmétiques Bio plutôt haut de gamme. Nous avons participé à la refonte du site sorti il y a quelques semaines, en apportant une aide experte à la responsable du site Violette Watine. Le graphisme a été réalisé par Dekalog, l’intégration et l’hébergement par Rentashop sur sa solution. Au final le résultat est très abouti et totalement sur mesure !

En effet, ce site intégrait un challenge en termes de marketing et d’architecture de l’information : concevoir un site autour de 3 axes majeurs pour le développement de la société qui sont le Commerce, le Contenu éditorial, le Communautaire (blog). Vous aurez reconnu les fameux « 3C»  qui feront d’ailleurs l’objet d’un article d’ici quelques semaines. En résumé, ces axes doivent apporter des synergies permettant de faire progresser le CA final généré par le site. Par exemple, le contenu éditorial peut servir à attirer de l’audience (référencement), le blog à faire (re)venir les visiteurs intéressés, ces deux axes pouvant être des supports de la partie commerciale. Bien sûr, les implications peuvent être beaucoup complexes, nous y reviendrons.

Après diverses discussions, le choix retenu a été de placer ces trois axes dans 3 onglets différents du site (» La boutique» , « l’Expertise» , « Le blog» ), le contenu au sein de chaque onglet devant permettre de naviguer de manière fluide sur le site (exemple : passer du contenu à l’achat par des mises en avant intelligentes de produits liés aux articles). Le constat clair était que ce type de population (féminine, sensible au bio / développement durable) ne pouvait pas être acheteur sans conseils d’experts et sans échanges avec d’autres acheteuses, d’autant plus que toutes les marques ne sont pas connues du grand public. Le passage du cap du premier achat est donc extrêmement important, surtout dans la cosmétique où la fidélité aux produits peut être phénoménale.

Je vous encourage à aller voir le résultat en images sur mademoiselle-bio.com

La bonne nouvelle, c’est que les résultats chiffrés sont pour l’instant excellents, avec une conversion en nette hausse à périmètre comparable par rapport à l’année dernière (nous ne sommes pas autorisés à communiquer le chiffre). Ajoutez à cela un trafic qui progresse rapidement (sans dégrader la performance de conversion), un catalogue produit qui s’étend, une politique de prix et des investissements maîtrisés : la fin de l’année 2008 fut donc une belle récompense pour Mademoiselle Bio, et donc pour nous ;-)

Violette nous a convié avec Dekalog et Rentashop à fêter tout cela dans les locaux de Mademoiselle Bio. Ce fut l’occasion pour nous de nous plonger dans d’autres aspects de la vie d’un e-commercant en forte expansion. Nous ne sommes pas spécialistes de la logistique, mais c’est toujours un plaisir de parcourir des stocks et de voir comment les processus de préparation de colis sont au fur et à mesure optimisés. Cela fut également l’occasionde voir que le respect du client (délais, discours, sav) est tout en haut de la checklist de Mademoiselle Bio. Un exemple rassurant et une belle illustration d’une réussite basée sur des critères simples : de bons produits (cela dit, pour ce qui est des cosmétiques, je la crois sur parole ;-) ) et une excellente qualité de service.

Je ne résiste pas à l’envie de publier ici un des mots placés dans les colis par le préparateur… En tant que client e-commerce, j’aimerais recevoir beaucoup plus souvent de tels messages accompagnant ma commande ;-)


Mademoiselle Bio

Bravo et longue route à Mademoiselle Bio (on sait à quel point les objectifs sont élevés)

… et une excellente année 2009 à tous nos lecteurs !

PhotoSupplements : navigation visuelle et images en grand format

Posté dans Solutions & Partenaires par Jonathan Koskas

Nous en avions parlé il y a quelques mois, notamment ici et : la possibilité de voir des visuels de produits en grand format se généralise et devient un « must-have»  pour les sites d’e-commerce, de tourisme, etc.

Particulièrement dans les pays latins, l’impossibilité de voir en détail (ou de toucher) peut être un fort frein à l’achat lorsque l’on souhaite vendre un produit matériel, ou tout simplement lorsque quelques bons visuels valent mille discours (c’est tout particulièrement le cas sur les sites d’hôtels, de destinations touristiques ou encore les sites d’immobilier). La présence chez les internautes d’écrans de plus haute résolution et d’accès à plus haut débit rend l’implémentation de ce type de solution à grand échelle tout à fait envisageable aujourd’hui.

L’adoption d’une technologie de visualisation fera t-elle la différence entre votre site et ceux de vos concurrents ? Peut-on affirmer aujourd’hui qu’il s’agit d’un facteur décisif dans le processus d’achat, pouvant améliorer la conversion prospect/client de manière significative ?

Une partie de la réponse à cette question est apportée par le gourou du Web design, à savoir Jakob Nielsen, qui souligne que « le plus simple pour améliorer les pages produits, augmenter les ventes et degré de fidélité est de montrer de meilleures photos»  (10 High-profit Redesign Priorities, Mars 2007).

Petit tour d’horizon des solutions disponibles

La photo « grand format»  est-elle l’avenir du commerce en ligne ? C’est en tout cas la conviction de l’agence Web UHT, société éditrice de la solution Photosupplements, qui offre la possibilité aux sites d’e-commerce de se doter d’une technologie innovante permettant l’affichage grand format des photos des produits disponibles à la vente. L’idée étant bien entendu de permettre à l’internaute de pouvoir voir le produit correctement, et donc de communiquer un maximum d’information sur celui-ci afin de déclencher in fine l’acte d’achat.

Cliquez ci-dessous pour le lancer le diaporama

navigation visuelle et images en grand format

PhotoSupplements vous donne la possibilité de créer des diaporamas en mode plein écran pour vos différentes gammes de produits. En plus de proposer une excellente qualité d’image (voir le site de Laure Montebello), cet outil présente une fonctionnalité non négligeable: la possibilité d’attribuer des tags à vos différentes photos permettant ainsi de créer des liens visuels entre plusieurs diaporamas, de quoi aider les e-commerçants à « suggérer»  du contenu commercial pertinent à leurs visiteurs et augmenter in fine la taille du panier moyen. PhotoSupplements est une solution clé en main, facile à installer et à gérer, qui peut être utilisée sur tout navigateur, jusqu’aux téléphones mobiles. Il s’agit donc d’une offre complète multi-plateforme qui pourrait se montrer extrêmement utile auprès de nombreux e-commerçants soucieux de se différencier par rapport à une concurrence toujours plus rude.

Si néanmoins vous doutez du caractère persuasif d’une photo haute définition pour vanter les mérites de vos produits, vous pouvez vous orienter vers des technologies alternatives, telles que celle proposée par Shopping life. Ici, il s’agit de miser sur l’experience full-3D et de proposer une navigation comme une immersion dans un « monde virtuel» , vous permettant de naviguer au gré de vos envies et de flâner dans ce que l’on pourrait qualifier de centre commercial en 3D. Après avoir téléchargé le plugin vous permettant de gérer la 3D dans votre navigateur (Internet Explorer, Firefox…) vous êtes libre d’explorer ce centre commercial d’un genre nouveau. La plateforme de blog-boutique 42stores.fr propose également de transformer n’importe quel catalogue produits en véritable galerie 3D à l’aide de l’extension CoolIris (ex-Piclens).

Néanmoins, nous pouvons nous questionner sur l’adoption et donc l’intérêt d’un outil reposant sur l’installation d’un plug-in, ce qui constitue une barrière à l’entrée importante pour l’utilisateur lambda.

Dans ce cas, la « voie du milieu»  pourrait être incarnée par les « catalogues interactifs»  (sur le modèle du site Ikea France) qui proposent une navigation à mi-chemin entre la photo et le mode de navigation immersif, permettant ainsi de plonger le visiteur dans le monde de la marque sans aucune contrainte technique si ce n’est l’installation de Flash Player (dont le taux de pénétration avoisine les 98%).

Les catalogues ne sont pas morts

Posté dans Offline, mobile & multicanal, e-Commerce par Jonathan Koskas

Les nouvelles en provenance des géants de la vente par correspondance (VPC) se succèdent… et malheureusement se ressemblent ! Alors que la Camif se déclarait en cessation de paiement en Octobre dernier, le groupe La Redoute annonçait avec fracas une restructuration débouchant, d’ici quatre ans, sur 674 suppressions de postes.

La VPC traditionnelle en chute libre

Habituellement, la VPC se fonde sur un mécanisme simple : un catalogue de produits à l’attention des clients cibles et des points de retrait éparpillés sur l’ensemble du territoire. Néanmoins, la montée en puissance du canal internet a clairement remis en cause ce schéma. En effet, le consommateur a profondément modifié ses habitudes de consommations et est devenu un internaute-consommateur. La Toile s’est clairement installée comme complément indispensable aux catalogues traditionnels.

Est-il raisonnable de subitement tirer un trait sur ce type de modèle ? Peut-on envisager un scénario qui remettrait le « bon vieux catalogue papier » au cÅ“ur des actions MD (marketing direct) des entreprises ?

La fonction du catalogue traditionnel

Aujourd’hui le catalogue que vous recevez par voie postale est encore largement conçu dans un esprit d’» immersive shopping experience» . En d’autres termes, il est destiné à immerger la cible dans un univers précis où différents produits sont mis en scène, ce qui permet in fine d’encourager aussi bien le cross-selling (produits complémentaires) que l’up-selling (montée en gamme). Qu’il s’agisse d’une plage ensoleillée au large du Brésil ou de la salle à manger de vos rêves, cette « théâtralisation » des produits dans leurs environnements respectifs permettrait de véhiculer un pouvoir émotionnel important et donc de renforcer le désir d’achat.

Le catalogue est donc encore aujourd’hui considéré comme un outil « déclencheur d’achat ». Néanmoins, force est de constater que son utilisation appelle l’usage d’un outil supplémentaire : l’envoi de bon de commande par courrier, l’appel téléphonique ou … la commande en ligne ! Il semblerait que de plus en plus de commandes, déclenchées par le catalogue papier, se concrétisent sur la Toile. Il est donc urgent de s’interroger sur les lourds investissements sur la création, la production et la distribution et de remettre en cause la forme classique des catalogues traditionnels.

Vers une nouvelle utilisation du catalogue papier

On peut donc penser que l’usage du catalogue va évoluer de manière complémentaire à celle de sites marchands. L’explosion du e-commerce, avec plus de 66% du chiffre d’affaire de la VAD sur Q1 2007 (source FEVAD), devrait mener à une nouvelle approche des différents canaux de vente. Et il semblerait que le catalogue papier soit appelé à devenir un relai vers la vente sur le Web (Business driver).

Nous pourrions en effet envisager un support papier conçu comme une première étape vers l’achat en ligne, qui comporterait de nombreuses informations utiles par produit et qui véhiculerait des facteurs de rassurance qui favorisent l’acte d’achat.

Quid des « catalogues virtuels»  ?

De nombreux acteurs sont déjà positionnés sur le marché du « catalogue virtuel », outils permettant de virtualiser le contenu d’un catalogue traditionnel afin d’en promouvoir la visibilité sur le Net (Fluidbook, Easy-catalogue etc.). Malgré le caractère innovant de ce service, on peut s’interroger sur la pertinence d’un tel support qui, en dépit de présenter l’avantage d’un coût très inférieur à son grand frère « papier », ne semble pas aussi engageant en terme de décision d’achat.

Ikea et la navigation immersive

Au lieu d’adapter purement et simplement un catalogue papier au format online, pourquoi ne pas essayer de tirer parti à la fois de l’avantage du catalogue traditionnel (univers immersif) et de ceux d’une expérience d’achat en ligne (achat immédiat, interactivité, avis) ?

C’est précisément la voie empruntée par le géant Suédois Ikea dont le site propose un parcours de navigation largement inspiré de l’univers du catalogue et de ses magasins. Au delà d’une simple version Web de son catalogue papier, Ikea mise donc sur une navigation immersive calquée sur l’expérience client offline.

A lire :

http://www.solution-ecommerce.fr/E-commerce-et-avenir-du-catalogue-papier

http://www.journaldunet.com/cc/04_ecommerce/ecom_marche_fr.shtml

http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&type_item=ART_ARCH_30J&objet_id=1054940


Le colloque IAB France 2008 : retour sur les interventions du matin

Colloque IAB 2008 : les valeurs de l'InternetJ’assistais le mardi 21 octobre au colloque de l’IAB France qui avait pour fil rouge « Quelles sont les valeurs de l’Internet en 2008 ?»  La première partie du colloque je l’ai passée sagement assis à écouter et prendre des notes. En fin de journée, j’ai changé de rôle pour passer à mon tour sur scène afin d’animer une table ronde sur le thème « La mobilité apporte-t’elle une valeur supplémentaire au Net ?» . Avant de revenir sur cette table ronde pleine d’enseignements, je vous propose dans cet article de faire un point sur interventions du matin.

Accueil et Introduction

Le colloque était animé par Richard STRUL, Coordinateur de la Commission Informer de l’IAB France et Fondateur de Résonéo, société de conseil en stratégie et marketing pour l’e-business. Pour l’anecdote, le colloque avait lieu dans des locaux de BNP Paribas, alors que dehors la tempête de la crise financière soufflait. Heureusement la BNP a les reins solides, et le courant n’a pas été coupé pendant la journée.

Jérôme de LABRIFFE, Président de l’IAB France et Directeur du canal Internet et mobile chez BNP Paribas s’est chargé de faire un point sur la position des annonceurs par rapport au canal. Même s’ils sont encore nombreux à bouder l’Internet et à ne pas intégrer de vision online à leur stratégie de communication, il y a de fortes chances de voir Internet devenir le média refuge pour 2009. Parmi les raisons évoquées, on retiendra la capacité du canal à offrir un tracking du R.O.I. à parfaire mais existant. Une table ronde du colloque a eu pour objet de discuter de l’enjeu de la mesure, nous reviendrons sur ce point.

Le colloque de l’IAB s’inscrivait dans un calendrier chargé : Assises de la Presse et Assises du Numérique. L’IAB est une association qui ne peut se permettre de se désintéresser de tels événements. De la fracture numérique à la redistribution des budgets des annonceurs de la presse vers d’autres canaux, David LACOMBLED a justement noté que tous les acteurs de l’Internet devaient participer au débat.

Comment les marques gèrent leur communication en cette période en crise ?

Le premier débat de la journée a été animé par Pierre KUPFERMAN, journaliste spécialisé en stratégie marketing à La Tribune
et opposait Dominique LEVY, Directrice Associée et Directrice du Planning Stratégique TNS SOFRES et Guillaume MULTRIER, Directeur Général d’Isobar. Vous retrouverez les slides de Guillaume par ici.

Je me permets de reprendre un slide qui a donné lieu à une question très épineuse de Jérôme de LABRIFFE.

Anticipation sur les investissements publicitaires par secteur suite à  la crise financière
Source : TNS Media Intelligence

Vous noterez que les secteurs les plus touchés, d’après les anticipations, sont les secteurs dépendant du crédit : automobile, immobilier… Sur la grande consommation, chaque acteur fera ce qu’il sait faire le mieux. Les acteurs du offline feront du offline, les pure-players feront du online. Tout cela semblait un peu trop simpliste et surtout avait un arrière goût de propagande discours commercial. Jérôme de LABRIFFE qui voulait approfondir le sujet s’est donc demandé quel était l’intérêt de parler de tendances quand les annonceurs sont plutôt à la recherche de conseils précis de la part des agences. Il ne s’agit pas seulement de suivre des tendances de marché, mais de définir des stratégies spécifiques à chaque annonceur, qui permettront dans certains cas de réduire en suivant la tendance, ou d’investir plus, à contre courant, pour saisir une opportunité. Chaque euro économisé ou investi devra avoir un objectif au-delà du simple mimétisme de marché.

Cette question m’a rappelé dernièrement une discussion avec un spécialiste de la vente de vins en ligne. Après avoir rencontré de nombreuses agences de communication, il avait dû conclure qu’elles étaient incapables de comprendre son métier… Les agences lui avaient proposé un plan de communication misant tout sur Noël, ce qui est un plan de communication générique d’e-commerçant ne tenant pas du tout compte de la saison des primeurs (le Noël des vendeurs de vin !). La plupart des agences ne connaissaient même pas le « concept»  des primeurs ! Jérôme aurait pu donc être encore plus acide et demander est-ce que la crise va enfin amener les agences à se professionnaliser et à faire correctement leur travail de conseil. Dans la lignée de cette réflexion sur le rôle des agences, un reproche qui est aussi apparu pendant les échanges est le manque chronique de réactivité. J’étais il y a quelques temps au Canada, et j’ai vu de nombreuses campagnes intégrant la crise financière dans le message porté, avec notamment les banques qui cherchaient visiblement à éviter des retraits d’argent massifs. Je me rappelle que Revu et Corrigé avait mené un rapide audit des sites des banques françaises quelques semaines après le début de la crise. Aucun site ne faisait mention de la crise et aucun n’apportait d’éléments de rassurance… Les agences n’arrivent-elles pas à convaincre les annonceurs ? Ou manquent-elles de réactivité ?

J’ai apprécié la liberté de ton du débat, et le fait que les vrais problèmes étaient abordés. Le reste de la journée s’est inscrit dans la même logique avec notamment une table ronde où nous avons eu le droit à une bataille à peine cachée entre les annonceurs et Google. Avant d’enchaîner sur la table ronde suivante, j’aimerai revenir sur une observation effectuée par par Dominique LEVY : les ménages ont mis au point des stratégies de consommation relevant du yield management. La tendance va s’accentuer avec la crise, mais déjà depuis quelques temps, les études permettent d’observer que les ménages apprennent à attribuer une valeur à chaque chose et effectuent un arbitrage individuel au moment d’acheter. Cette consommation raisonnée et stratégique s’explique également par une prise de conscience des enjeux environnementaux et énergétiques par les consommateurs. Pour Dominique LEVY, lorsque l’argent reviendra, l’argent ne sera plus ré utilisé de la même manière. Peut-on parler d’un paradigme de déconsommation pour autant ? A suivre !

Les metrics du Net vs les metrics du Off : comment les utiliser ?

En lisant le programme du colloque, j’avais identifié en tant que webanalyste une table ronde que je ne pouvais rater sous aucun prétexte. Sans faire durer le suspense, le débat a été à la hauteur des enjeux, mais je regrette qu’aucune vision n’ait réussi à s’imposer. J’ai découvert que les problèmes que je relève au quotidien depuis 2 ans, sont identifiés par les experts présents autour de la table depuis 10 ans, mais qu’ils n’ont pas trouvés de réponse satisfaisante pour l’instant. Cela ne me rassure pas sur la capacité de l’Internet à atteindre rapidement la maturité, mais je me réjouis à l’idée des défis à relever et des belles places à prendre…

La table ronde était animée par Guillaume VASSE, Coordinateur de la Commission Mesurer de l’IAB France et directeur marketing de Skyrégie avec pour experts :

  • Benoît CASSAIGNE, Directeur des Mesures d’Audience, Médiamétrie
  • Michel GRANDJEAN, Directeur Général du CESP
  • Julien GUIRAUD, Digital Marketing Manager, Coca-Cola
  • Isabelle LE ROY, Directrice Innovation, Havas Media
  • Mathieu ROCHE, Directeur Général, Weborama

Les intervenants se sont entendus sur une classification des campagnes selon leurs objectifs. Les campagnes de branding visent à créer/entretenir une notoriété, et à générer de la visibilité. Dans votre esprit, l’association d’idées devrait être branding => display => CPM => difficulté de mesurer le R.O.I. car effet moyen/long terme… Naturellement l’association d’idées est très simpliste, mais je pense qu’elle décrit une réalité bien réelle. En complément existent les campagnes de « response»  où l’objectif est de générer du clic et des actions directes à court terme (achat, inscription, abonnement…). L’association d’idées est « reponse»  => liens sponsorisés et équivalents => CPC ou CPA => R.O.I. mesuré, au moins en apparence. Là encore, la réalité est plus complexe, notamment concernant les dispositifs.

On se rend compte que les objectifs sont différents des deux types de campagne (visibilité vs. action) mais que la fin dernière, ou la cause première, reste normalement l’augmentation du C.A. de l’annonceur. Les agences ont de plus en plus de mal à défendre les campagnes de branding en France, car les annonceurs ont pris goût au « response»  et à la promesse du R.O.I. mesuré et court terme, et ce n’est pas la crise qui va changer cela. Pour avancer, je pense qu’il faudrait plus d’études comme celle qu’on peut trouver ici qui chiffrent les impacts croisés (le branding booste le response, et le response génère du branding). Nous savons que la mesure sur le canal Internet pêche en ce qui concerne la mesure du R.O.I. moyen/long terme, ce qui signifie que l’estimation des impacts croisés ne sera pas chose aisée.

Autre grand sujet abordé, une définition universelle de l’audience, ou dit autrement comment se mettre d’accord sur une currency unique dans le marché de la publicité multicanal. Comment passer outre les spécificités de chaque canal pour poser les bases d’une mesure de référence qui permettra de mieux dimensionner les investissements. Les défis sont nombreux. La constance de la mesure a notamment été citée. Suite à l’agrandissement du panel Nielsen/Netratings, on aura pu observer que l’audience des sites de certains de nos clients a été multipliée par 3, alors que dans le même temps d’autres voyaient leur audience divisée. Difficile pour les annonceurs de se reposer sur cet indicateur avec un tel degré d’incertitude. L’objectif semble pourtant accessible, mais il fera encore couleur beaucoup d’encre. Ce qui est certain pour les acteurs présents, c’est que la mesure site centric et la mesure panel continueront à co exister. Seule la mesure panel est aujourd’hui habilitée à parler d’audience au sens currency, alors que les solutions site centric même labellisées OJD n’ont le droit de parler que de fréquentation, trafic ou puissance de diffusion. Quand on vous dit qu’il faut être précis dans les mots que vous utilisez…

Lors des questions du public, certains responsables marketing dans la salle se sont plaints de la multiplication des indicateurs à suivre et de leur non homogénéité selon les canaux. Des voeux pieux ont été prononcés par l’ensemble des experts, et notamment les agences se sont dites prêtes à être meilleures sur ce point, mais en tant que web analyste, je sais que cela ne pourra avoir lieu sans une réflexion de fond sur l’intérêt de chaque indicateur (quand je lis ça, je me dis qu’on en est loin) et le développement d’une nouvelle génération d’outils de mesure (vous avez essayé de mesurer une température avec une règle ?).

Plus de transparence pour le référencement payant ?

Autant vous dire que je ne comprenais pas trop l’intérêt initialement de cette table ronde. Le CPC par enchère, à part pour le quality score, semble être une mécanique transparente, donc pas de quoi discuter 45 min. Mais après l’introduction, j’ai vite compris que la table ronde aurait pu s’appeler « Plus de transparence pour Google, sinon les annonceurs vont se fâcher !» 

Cela fait plus d’un an que j’observe le marché se plaindre de la place de Google, et craindre dans le même temps le courroux de ce fournisseur tout puissant. Les forces de Porter c’est un peu simpliste, mais dans le cas présent, ça nous laisse entrevoir un gros warning concernant la position de Google, quasiment monopolistique en France (c’est moins vrai dans d’autres pays), et le fait que tous les acteurs du marché rêvent de pouvoir diversifier leur investissement.

Vous me direz, ils sont eux-mêmes responsables… comme tous les internautes d’ailleurs. Les budgets se concentrent là où sont les internautes, et les internautes français sont à plus de 90% sur Google. Sauf que ce raisonnement est partiel. Au cours de leur « cession» , les internautes passent aussi par des sites médias, des plateformes sociales, des sites d’e-commerce, des annuaires… Le vrai problème concerne le fait de parier uniquement sur l’acquisition, alors qu’un vrai travail est à réaliser sur la fidélisation des audiences. Quel besoin de payer à Google un trafic qu’on peut générer par emailing ou par saisie d’url / clic sur les favoris ?

Maintenant que j’ai posé le cadre, vous comprendrez que la table ronde ait pu avoir de l’intérêt et l’allure d’une bataille contre le méchant géant américain ;-)

La table ronde était animée par Richard STRUL avec pour experts :

Comme il fallait s’y attendre, le coeur de la conférence ne concernait pas le modèle d’enchère, mais plutôt la problématique de protection des marques. En effet, les annonceurs présents à la table ronde dénonçaient le fait que Google incitait certains annonceurs à acheter les marques de leurs concurrents, ce qui au passage fait augmenter les enchères, mais qui est légalement interdit en France. Sébastien BADAULT a rappelé qu’en France, les équipes de Google avaient respecté le droit français et ne s’étaient pas prêtés à de telles pratiques, ce qui n’est pas le cas en Angleterre, puisque le droit anglais permet cette pratique sous couvert de publicité comparative.

Les annonceurs ont ensuite dénoncé la difficulté à protéger leurs marques, puisque le dépôt à l’INPI devait être doublé d’une déclaration auprès de Google, et que cette procédure était un doublon coûteux en temps. La réponse fut assez lapidaire. D’après Sébastien BADAULT, Google a mis en ligne un processus permettant de protéger sa marque en quelques minutes. Par ailleurs, Google ne peut se permettre de protéger une marque suite à un dépôt à l’INPI, puisque le déposant peut décider d’autoriser des revendeurs à acheter la marque (Apple peut autoriser la Fnac à acheter le mot clef « iPhone» ).

Peu de choses à retenir sur le fond de cette table ronde, par contre, l’ambiance a révélé un mal profond que je vous invite à surveiller dans les prochains mois.

Retour sur la table ronde sur le m-Commerce à Net Lille Metropole (présentation de Converteo à télécharger)

Comme annoncé sur ce blog, j’étais hier sur Lille pour parler de m-Commerce. Je tiens à remercier toute l’équipe Digiport pour leur invitation et les féliciter pour le succès de l’évènement. Un peu plus de 200 personnes étaient venues écouter la table ronde sur le m-Commerce, ce qui démontre l’intérêt et la curiosité des professionnels face à ce nouveau canal.

Avec mes collègues de table ronde, nous avions 1h30 pour faire le point sur un sujet qui aurait mérité bien plus, mais je crois qu’ensuite nous aurions eu droit à des signes d’impatience (nous étions sur un créneau 11h30-13h…) Bertrand Jonquois DG de Nemo en tant qu’animateur de la table ronde s’est chargé d’introduire le sujet. Il a fait un retour sur la réussite du m-Commerce au Japon, avec notamment des téléchargements records sur mobile pour des romans à l’eau de rose (plus de 20 millions pour un même livre) avec un modèle d’affaire du type abonnement. Ensuite il est revenu sur les investissements en m-Marketing (marketing mobile) qui atteignent au pays du soleil levant les niveaux de l’e-marketing en France en 2004. Si au Japon, le succès est là , la récente étude TNS Soffres permet de prendre la mesure d’un m-Commerce encore balbutiant en France mais avec des signaux au vert qui laissent envisager le meilleur.

A tour de rôle, chacun des experts de la table avait 20 minutes pour essayer de répondre à la question centrale « m-Commerce avenir de la consommation ?» . Jean François Tessier, directeur marketing de Prosodie a ouvert le bal en présentant les solutions et les enjeux liés à la création d’un site et à sa promotion.

Philippe Huyon, responsable d’études à la direction clients de La Redoute a ensuite présenté le retour d’expérience de la Redoute qui a lancé en 2006 un site mobile pour faire de l’achat direct (je saisis le code produit du catalogue, et je règle via mon mobile) alors que la vision était initialement de faire du service client. Le site a ensuite évolué pour intégrer un catalogue produits, qui depuis hier bénéficient de visuels. La Redoute s’était interdit jusqu’alors les images pour éviter de faire exploser les factures téléphoniques des clients… Il est sûr que les opérateurs n’aident pas le m-Commerce !

Pour compléter la vision du m-Commerce, j’avais décidé de jouer le jeu du méchant sceptique qui pense que le m-Commerce ce n’est pas pour toutes les entreprises, pas pour tout de suite, et pas n’importe comment. J’ai notamment insisté sur le fait qu’à mes yeux, le mobile ne suffisait pas à réaliser un cycle d’achat complet pour les produits autres que les biens virtuels à faible coût (logo, sonnerie, jeux) et donc faible implication. Le mobile a besoin de supports/canaux complémentaires pour faire naître le besoin et amener le consommateur jusqu’à l’achat. Je vous laisse découvrir mes slides, n’hésitez pas à commenter et à diffuser la présentation (Creative Commons).

Télécharger la présentation

J’en vois déjà se jeter sur leur clavier pour me dire que je n’ai pas vraiment pris position sur la question de l’avenir de la consommation. Normal, je ne suis pas Nostradamus ! Plus sérieusement, je ne prends jamais de position tranchée en tant que consultant. J’émets des hypothèses, et surtout j’explique les étapes à franchir. Comme l’ont dit les autres experts de la table ronde, la transparence sur la facturation via la multiplication des forfaits illimités est une bonne chose. Un des principaux freins pour faire de l’Internet mobile une pratique de masse était cette question centrale : « combien va me coûter cette cession ?»  Le modèle au kilo octet était une absurdité. Le client n’a pas à se soucier d’un élément aussi technique que le kilo octet.
Mais ce frein en moins, les choses ne vont pas s’emballer pour autant. Vous me direz que l’iPhone amène une expérience de navigation nouvelle, mais je pense que l’essentiel n’est pas là . Pour moi, le m-Commerce deviendra un succès si les entreprises savent intégrer ce canal dans une logique multicanale, en considérant les contextes d’utilisation. Alors que devant un écran d’ordinateur, vous êtes au travail ou à la maison, en train de cuisiner, ou en parallèle de la rédaction d’une note de synthèse pour votre supérieur, lorsque vous utilisez votre mobile, vous êtes dans les transports en commun, à pied, ou à la maison. Mais, vous êtes la plupart du temps pris par le temps, à la recherche d’une solution d’urgence, ou d’un moyen de tuer le temps… Je ne sais si vous percevez la différence fondamentale de contexte et d’attitude, mais c’est de cette compréhension que vous ferez des services mobiles pertinents.

J’ai mis à la fin de ma présentation un slide de prospective avec le tag 2D (qu’on pourra un jour remplacer par la reconnaissance de forme) et la réalité augmentée. Je ne suis pas Nostradamus, mais j’aime rêver. Je rêve d’un téléphone qui deviendrait la clef qu’on porte toujours sur soi et qui ouvre la porte du royaume du numérique. La puissance de calcul embarquée avec l’accès à une banque de données énorme (Internet) doit permettre au téléphone d’enrichir notre réalité et établir une passerelle avec le monde numérique.

Vous me voyez venir ? Si on miniaturise le téléphone, et on en fait une puce directement connectée à notre cerveau, l’Internet mobile prend une autre dimension… Du mal à voir ce que ça pourrait donner ? C’est vendredi soir, je me permets donc de partager avec vous cette excellente vidéo, qui vous démontre que mon rêve peut facilement tourner au cauchemar…


Life 2.0
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